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Mémoire des tags RFID : EPC, TID, User Memory et NDEF

Comprendre la structure mémoire des tags RFID et NFC : EPC, TID, User Memory et NDEF pour choisir le bon tag selon vos données.

Sommaire

Pourquoi la mémoire du tag est un paramètre clé

Beaucoup de projets RFID se concentrent sur la fréquence et la résistance physique du tag — et oublient d'analyser ses besoins en mémoire. Résultat : on découvre en phase de test que le tag ne peut pas stocker toutes les données nécessaires, ou que les données qu'on voulait modifier sont en réalité en lecture seule.

Deux questions fondamentales à se poser avant de choisir un tag :

  1. Quelle quantité de données doit stocker le tag ? — un simple identifiant unique suffit dans la plupart des cas. Des données opérationnelles complexes nécessitent plus de mémoire.
  2. Ces données doivent-elles être mises à jour ? — si oui, la mémoire doit être réinscriptible et vous devez définir qui a le droit d'écrire.

Structure mémoire des tags UHF (EPC Gen2)

La norme EPC Gen2 / ISO 18000-63 définit quatre banques mémoire dans chaque tag UHF. Chaque banque a un rôle précis et des règles d'accès spécifiques.

Banque EPC : l'identifiant principal

La banque EPC (Electronic Product Code) contient l'identifiant unique de l'objet tracé. C'est la donnée que tous les lecteurs lisent en premier lors d'une opération d'inventaire.

  • Taille typique : 96 bits (12 octets) dans la grande majorité des tags. Certains tags supportent 128, 256 ou 496 bits.
  • Format standard : EPC 96 bits selon GS1 (SGTIN-96, SSCC, GRAI selon l'application).
  • Accès : lecture libre par défaut. Écriture protégeable par mot de passe.
  • Cas d'usage : identifier une palette, un article, un conteneur, un actif.

Important : l'EPC est un identifiant qui a un sens pour votre application, pas une donnée opérationnelle complexe. Si vous devez stocker beaucoup d'informations, utilisez la User Memory et stockez dans l'EPC uniquement la référence primaire.

Banque TID : l'identifiant du chip

Le TID (Tag Identifier) est l'identifiant unique du chip lui-même, écrit par le fabricant en usine lors de la production du semiconductor. Il est globalement unique et ne peut jamais être modifié.

  • Taille typique : 64 ou 96 bits selon la puce.
  • Contenu : les premiers 8 bits identifient la classe de puce, les suivants identifient le fabricant, les derniers forment un numéro de série unique.
  • Accès : lecture seule. Inmodifiable.
  • Cas d'usage : authentification du tag physique (anti-clonage), vérification que le tag n'a pas été remplacé par un autre, traçabilité de sécurité élevée.

User Memory : données opérationnelles

La User Memory est une zone mémoire supplémentaire disponible uniquement sur certains tags (pas tous les chips UHF en ont). Elle permet de stocker des données métier directement dans le tag.

  • Taille : variable selon la puce — de 0 octets (chips basiques) à 512 octets, 3 Ko ou plus (chips avancés comme Impinj Monza R6-P, NXP UCODE DNA).
  • Accès : lecture et écriture, protégeables par mot de passe.
  • Cas d'usage : date de dernière inspection, état de l'actif, numéro de lot, numéro de série fabricant, URL pointant vers la fiche produit, résultats de tests qualité.

Attention : stocker trop de données dans le tag ralentit le temps de lecture et complique l'anti-collision lors des inventaires massifs. Préférez stocker une clé de référence dans l'EPC et récupérer les données détaillées dans votre base de données.

Banque Reserved : sécurité et kill

La banque Reserved contient deux éléments :

  • Access Password (32 bits) : mot de passe qui protège l'écriture et le verrouillage des autres banques. Sans ce mot de passe, personne ne peut modifier l'EPC ou la User Memory si la protection est activée.
  • Kill Password (32 bits) : mot de passe spécial qui, une fois envoyé au tag, le désactive définitivement et de manière irréversible. Utilisé en fin de vie d'un produit ou pour les applications où la confidentialité est critique.

Mémoire des tags NFC

Les tags NFC ont une architecture mémoire différente des tags UHF. La structure dépend du type de puce (NTAG, MIFARE, ICODE…) mais tous supportent le format NDEF pour les données utilisateur.

Format NDEF : la structure des données NFC

NDEF (NFC Data Exchange Format) est le format standard défini par le Forum NFC pour structurer les données dans les tags NFC. C'est grâce au format NDEF que les smartphones peuvent lire les tags NFC sans application dédiée.

Un message NDEF est composé d'un ou plusieurs enregistrements (records). Les types d'enregistrements les plus courants :

  • URI Record : stocke une URL (https://...). Le smartphone ouvre automatiquement le navigateur. Type le plus utilisé dans les applications marketing et industrielles.
  • Text Record : texte brut avec indication de langue. Utilisé pour des données simples lisibles par l'humain.
  • Smart Poster Record : combine URI et texte descriptif. Pensez-y comme à un article de journal numérique.
  • Android Application Record (AAR) : spécifique Android. Force l'ouverture d'une application spécifique lors de la lecture du tag.
  • MIME Record : tout type de données avec un type MIME (JSON, XML, images…). Pour les applications qui stockent des données structurées dans le tag.
  • vCard Record : contact au format vCard. Partage de coordonnées par approche du téléphone.

Capacités des puces NFC courantes

Puce Mémoire utilisateur Protection Type NFC Forum Usage typique
NTAG213 144 octets Mot de passe 32 bits Type 2 Marketing, maintenance, smart label
NTAG215 504 octets Mot de passe 32 bits Type 2 Données enrichies, Amiibo
NTAG216 888 octets Mot de passe 32 bits Type 2 Fichiers, données structurées
MIFARE DESFire EV3 2–8 Ko AES 128 bits Type 4 Accès, billettique, haute sécurité
ICODE SLIX 112 octets (28 blocs) Verrouillage par bloc Type 5 (ISO 15693) Bibliothèques, actifs intérieur
ST25DV64K 8 Ko Zones protégées + énergie RF Type 5 (ISO 15693) IoT, énergie RF harvesting

Structure de l'EPC : GS1, SGTIN et formats courants

L'EPC (Electronic Product Code) a été défini par GS1 comme l'identifiant standard pour les tags UHF dans la chaîne logistique mondiale. Les formats EPC les plus utilisés :

  • SGTIN-96 (Serialised Global Trade Item Number) : identifie un article spécifique avec son numéro de série. Encode le code EAN/GTIN d'un produit + un numéro de série unique. Le plus utilisé dans le retail et la logistique.
  • SSCC-96 (Serial Shipping Container Code) : identifie une unité logistique (palette, carton d'expédition). Standard pour les échanges B2B et les EDI.
  • GRAI-96 (Global Returnable Asset Identifier) : pour les actifs réutilisables (emballages retournables, contenants, équipements). Parfait pour la gestion d'actifs à long terme.
  • EPC propriétaire : pour les applications internes sans nécessité d'interopérabilité GS1. Format libre dans les 96 bits disponibles.

Si votre application ne nécessite pas d'interopérabilité avec des partenaires extérieurs, un EPC propriétaire simple (par exemple votre identifiant interne encodé en hexadécimal) est parfaitement suffisant.

Comment choisir la capacité mémoire dont vous avez besoin

La règle pratique : commencez par définir uniquement les données que vous devez stocker dans le tag, pas dans la base de données. Dans la majorité des applications industrielles, le tag ne doit stocker qu'un identifiant — le reste est dans le système.

  • Identification simple (qui est cet objet) : 96 bits d'EPC suffisent. N'importe quel tag UHF basique ou NTAG213 pour le NFC.
  • Identification + quelques données opérationnelles (date, état, référence) : choisissez un tag UHF avec User Memory (≥ 128 octets) ou NTAG215/216 pour le NFC.
  • Données structurées complexes (historique, mesures, certificats) : repensez votre architecture. Il est généralement préférable de stocker dans le tag une clé de référence vers une base de données, plutôt que d'essayer de tout stocker dans la mémoire limitée du tag.
  • Sécurité élevée + données importantes : MIFARE DESFire (NFC) ou tags UHF avec chiffrement AES intégré.
Besoin d'aide pour définir la mémoire nécessaire pour votre application ? Nos ingénieurs peuvent vous aider à choisir la puce RFID ou NFC adaptée à votre cas d'usage spécifique.
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Questions fréquentes sur la mémoire des tags RFID

Peut-on modifier l'EPC d'un tag après sa programmation ?

Oui, dans la plupart des tags UHF, l'EPC peut être réécrit autant de fois que nécessaire tant qu'il n'est pas verrouillé. Le verrouillage (lock) rend l'EPC permanent et inmodifiable. Si vous avez besoin que l'EPC reste fixe toute la vie du tag (traçabilité de sécurité, anti-contrefaçon), verrouillez-le lors de la programmation initiale.

Quelle est la différence entre EPC et numéro de série interne ?

L'EPC est le code stocké dans la banque mémoire EPC du tag — c'est ce que le lecteur lit en premier lors de l'inventaire. C'est vous qui le définissez lors de la programmation. Le "numéro de série interne" que votre système attribue à un actif peut être identique à l'EPC (si vous programmez l'EPC avec votre numéro de série) ou différent (si vous utilisez un EPC au format GS1 et stockez votre numéro de série en User Memory).

Qu'est-ce qu'un "Kill" d'un tag RFID ?

L'opération "Kill" désactive définitivement et irréversiblement un tag RFID UHF. Après un Kill, le tag ne répond plus à aucune commande de lecture. Elle est utilisée pour désactiver les tags en fin de vie d'un produit (emballages en déchetterie, produits rappelés) ou dans des applications où la confidentialité après usage est critique. Elle nécessite le Kill Password défini lors de la programmation.

Combien de fois peut-on écrire dans la User Memory d'un tag ?

La durée de vie en écriture est typiquement de 100 000 cycles d'écriture pour les puces UHF et NFC courantes (NTAG21x, chips Impinj, Alien). C'est largement suffisant pour la quasi-totalité des applications. Si votre application nécessite des mises à jour très fréquentes (plusieurs fois par heure pendant des années), consultez le fabricant pour des puces avec endurance en écriture certifiée pour votre cas.

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