Guides et Ressources Techniques
Comprendre la structure mémoire des tags RFID et NFC : EPC, TID, User Memory et NDEF pour choisir le bon tag selon vos données.
Beaucoup de projets RFID se concentrent sur la fréquence et la résistance physique du tag — et oublient d'analyser ses besoins en mémoire. Résultat : on découvre en phase de test que le tag ne peut pas stocker toutes les données nécessaires, ou que les données qu'on voulait modifier sont en réalité en lecture seule.
Deux questions fondamentales à se poser avant de choisir un tag :
La norme EPC Gen2 / ISO 18000-63 définit quatre banques mémoire dans chaque tag UHF. Chaque banque a un rôle précis et des règles d'accès spécifiques.
La banque EPC (Electronic Product Code) contient l'identifiant unique de l'objet tracé. C'est la donnée que tous les lecteurs lisent en premier lors d'une opération d'inventaire.
Important : l'EPC est un identifiant qui a un sens pour votre application, pas une donnée opérationnelle complexe. Si vous devez stocker beaucoup d'informations, utilisez la User Memory et stockez dans l'EPC uniquement la référence primaire.
Le TID (Tag Identifier) est l'identifiant unique du chip lui-même, écrit par le fabricant en usine lors de la production du semiconductor. Il est globalement unique et ne peut jamais être modifié.
La User Memory est une zone mémoire supplémentaire disponible uniquement sur certains tags (pas tous les chips UHF en ont). Elle permet de stocker des données métier directement dans le tag.
Attention : stocker trop de données dans le tag ralentit le temps de lecture et complique l'anti-collision lors des inventaires massifs. Préférez stocker une clé de référence dans l'EPC et récupérer les données détaillées dans votre base de données.
La banque Reserved contient deux éléments :
Les tags NFC ont une architecture mémoire différente des tags UHF. La structure dépend du type de puce (NTAG, MIFARE, ICODE…) mais tous supportent le format NDEF pour les données utilisateur.
NDEF (NFC Data Exchange Format) est le format standard défini par le Forum NFC pour structurer les données dans les tags NFC. C'est grâce au format NDEF que les smartphones peuvent lire les tags NFC sans application dédiée.
Un message NDEF est composé d'un ou plusieurs enregistrements (records). Les types d'enregistrements les plus courants :
| Puce | Mémoire utilisateur | Protection | Type NFC Forum | Usage typique |
|---|---|---|---|---|
| NTAG213 | 144 octets | Mot de passe 32 bits | Type 2 | Marketing, maintenance, smart label |
| NTAG215 | 504 octets | Mot de passe 32 bits | Type 2 | Données enrichies, Amiibo |
| NTAG216 | 888 octets | Mot de passe 32 bits | Type 2 | Fichiers, données structurées |
| MIFARE DESFire EV3 | 2–8 Ko | AES 128 bits | Type 4 | Accès, billettique, haute sécurité |
| ICODE SLIX | 112 octets (28 blocs) | Verrouillage par bloc | Type 5 (ISO 15693) | Bibliothèques, actifs intérieur |
| ST25DV64K | 8 Ko | Zones protégées + énergie RF | Type 5 (ISO 15693) | IoT, énergie RF harvesting |
L'EPC (Electronic Product Code) a été défini par GS1 comme l'identifiant standard pour les tags UHF dans la chaîne logistique mondiale. Les formats EPC les plus utilisés :
Si votre application ne nécessite pas d'interopérabilité avec des partenaires extérieurs, un EPC propriétaire simple (par exemple votre identifiant interne encodé en hexadécimal) est parfaitement suffisant.
La règle pratique : commencez par définir uniquement les données que vous devez stocker dans le tag, pas dans la base de données. Dans la majorité des applications industrielles, le tag ne doit stocker qu'un identifiant — le reste est dans le système.
Oui, dans la plupart des tags UHF, l'EPC peut être réécrit autant de fois que nécessaire tant qu'il n'est pas verrouillé. Le verrouillage (lock) rend l'EPC permanent et inmodifiable. Si vous avez besoin que l'EPC reste fixe toute la vie du tag (traçabilité de sécurité, anti-contrefaçon), verrouillez-le lors de la programmation initiale.
L'EPC est le code stocké dans la banque mémoire EPC du tag — c'est ce que le lecteur lit en premier lors de l'inventaire. C'est vous qui le définissez lors de la programmation. Le "numéro de série interne" que votre système attribue à un actif peut être identique à l'EPC (si vous programmez l'EPC avec votre numéro de série) ou différent (si vous utilisez un EPC au format GS1 et stockez votre numéro de série en User Memory).
L'opération "Kill" désactive définitivement et irréversiblement un tag RFID UHF. Après un Kill, le tag ne répond plus à aucune commande de lecture. Elle est utilisée pour désactiver les tags en fin de vie d'un produit (emballages en déchetterie, produits rappelés) ou dans des applications où la confidentialité après usage est critique. Elle nécessite le Kill Password défini lors de la programmation.
La durée de vie en écriture est typiquement de 100 000 cycles d'écriture pour les puces UHF et NFC courantes (NTAG21x, chips Impinj, Alien). C'est largement suffisant pour la quasi-totalité des applications. Si votre application nécessite des mises à jour très fréquentes (plusieurs fois par heure pendant des années), consultez le fabricant pour des puces avec endurance en écriture certifiée pour votre cas.
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